samedi 9 avril 2011

Les voyages sont toujous différents

Ceux qui parcourent le monde en traquant les ressemblances entre les hommes, les similitudes de conception architecturale, en assimilant les paysages à ceux qu'ils connaissent déjà m'étonnent toujours. Ceux-là sont nés trop tard : le voyage à pied les aurait confortés, tant il faut de longs jours pour voir le monde changer au rythme du marcheur. à moins qu'ils ne soient nés un petit peu trop tôt, avant que le monde globalisé, uniformisé, homogénéisé ne nous livre aux quatre coins de la Planète les mêmes rubans d'asphalte, le même béton gris, le même peuple sans coutumes, sans culture et sans racines.

En attendant, n'en déplaise au chanteur, je ne vois nulle part dans le sud de la France « d'endroit qui ressemble à la Louisiane »… La Louisiane, vous le verrez dans ce numéro, aligne ses derniers vestiges de plantations coloniales au rythme des musiques puisées aux sources acadiennes des Cajuns ou africaines d'un jazz inimitable. Elle est un de ces morceaux du sud que les nordistes ne sont pas parvenus à détruire… totalement.

Quant à l'Italie, et à la Toscane tout particulièrement, que d'aucuns voudraient reconnaître dans les collines de Gascogne entre Lectoure et Condom, je dis - après des dizaines d'illustres et talentueux prosateurs - qu'elle est unique. Unique, comme vous le verrez, cette cité médiévale un peu austère, minérale et virile, qui contraste tant avec les douces rondeurs féminines de la campagne environnante. Jean-François Coulomb des Arts, qui s'y est rendu pour nous, y a trouvé la féminité intra muros, mais sûrement parce que c'est un séducteur ou au moins un poète. Et aussi parce que les Italiennes savent être les femmes les plus séduisantes du monde.

Il faut n'être jamais allé ni à Venise ni à Saint-Pétersbourg pour continuer d'entretenir le cliché de la « Venise du Nord ». Saint-Pétersbourg non plus ne ressemble qu'à elle-même, ni vraiment européenne, ni totalement russe, mais elle est toujours habitée par Pierre Le Grand qui la fonda, voici trois siècles, par la Grande Catherine qui la para et par Pouchkine qui la chanta. Guillaume Soularue vous entraîne sur leurs traces au moment même où il commence à faire bon y retourner après le déferlement du tricentenaire et de ses hordes.

Si Céline, dans le Voyage, pouvait écrire de New York qu'elle était « une ville debout », Miami me donne l'impression d'être une ville hérissée. Hérissée d'immeubles pastel qui la défendent contre l'océan tout au long de South Beach au point de faire oublier qu'il y a aussi des plages en Floride. Vous y découvrirez un hôtel pas comme les autres puisque les propriétaires ont eu l'audace de faire appel à un architecte français pour le rénover.

Le Mékong, le Brésil et Val-d'Isère habitent aussi ce numéro, je vous laisse y savourer les saveurs de leurs différences. Et puis, si vous redoutez d'aborder le monde en rompant toutes les amarres et en perdant tous repères, voyagez donc en famille. C'est très tendance, comme nous le raconte Marie Le Marois. Et on peut même le faire avec des enfants devenus adultes. Croyez moi, je l'ai fait cet hiver, c'est quand même plus agréable qu'avec des nourrissons !